Pourquoi le vélo s’invite dans les politiques RH

Le vélo au travail n’est plus une tendance marginale. De plus en plus d’entreprises françaises intègrent la mobilité douce dans leur politique RH et RSE, et pour de bonnes raisons. Un salarié qui vient à vélo est en moyenne moins stressé, plus ponctuel, et s’absente moins pour raisons de santé. Pour l’entreprise, c’est aussi un signal fort envoyé en matière d’engagement environnemental.

Mais au-delà des convictions, il existe aujourd’hui un cadre légal et fiscal concret qui permet aux employeurs d’agir efficacement. Voici ce qu’ils peuvent mettre en place, et ce que ça change concrètement pour vous au quotidien.

Le forfait mobilités durables : jusqu’à 800 € par an dans votre poche

C’est le dispositif phare. Depuis 2020, les employeurs peuvent verser à leurs salariés un forfait mobilités durables pour couvrir les frais de déplacement domicile-travail effectués à vélo, en trottinette électrique, en covoiturage ou via d’autres modes de transport durables.

Ce forfait est exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu dans la limite de 800 euros par an et par salarié. Il est cumulable avec la prise en charge des transports en commun, ce qui le rend particulièrement attractif pour les salariés qui combinent plusieurs modes de transport.

Le versement est libre : l’employeur choisit le montant, la fréquence et les conditions d’attribution. Certaines entreprises le versent sous forme de somme mensuelle fixe, d’autres le conditionnent à une déclaration des trajets effectués via des applications dédiées comme Betterway ou Convive qui permettent de gérer ce suivi automatiquement.

Un stationnement sécurisé : la condition numéro un

Un des freins les plus souvent cités par les salariés qui souhaiteraient venir à vélo, c’est l’absence de stationnement sécurisé sur le lieu de travail. Garer un VAE à 2 000 euros sur un trottoir toute la journée, peu de gens sont prêts à le faire.

Les employeurs peuvent résoudre ce problème de plusieurs façons :

  • Installer des arceaux sécurisés à l’intérieur des locaux ou dans un espace couvert
  • Aménager un local vélo fermé avec accès par badge, idéal pour les VAE et les vélos de valeur
  • Proposer des places de stationnement dans un parking souterrain existant

C’est souvent l’investissement le plus rentable pour l’entreprise. Une fois le stationnement sécurisé, beaucoup de salariés franchissent le pas sans qu’on ait besoin de les convaincre davantage.

La flotte de vélos d’entreprise

Comme il existe des flottes de voitures d’entreprise, il est aujourd’hui possible de mettre en place une flotte de vélos, y compris des VAE. L’employeur achète ou loue les vélos et les met à disposition des salariés pour leurs trajets domicile-travail.

Ce dispositif présente un avantage fiscal important : la mise à disposition d’un vélo de fonction est exonérée d’impôt sur le revenu pour le salarié, dans la limite de 25 % de la valeur du vélo par an. Pour le salarié qui n’a pas les moyens d’investir dans un VAE, c’est une opportunité concrète de passer au vélo sans dépense initiale.

Certains organismes comme Cyclable Entreprises ou Veligo proposent des solutions clé en main pour gérer ces flottes, incluant l’entretien et l’assurance.

La prise en charge des équipements de sécurité

Un salarié qui vient à vélo doit être bien équipé. Certains employeurs vont plus loin que le forfait mobilités durables en prenant en charge tout ou partie des équipements : casque, antivol, éclairage, équipements réfléchissants.

Cette prise en charge peut s’intégrer dans le forfait mobilités durables existant ou faire l’objet d’une enveloppe séparée. C’est un levier souvent sous-estimé, alors qu’il répond directement à l’une des premières inquiétudes des salariés : la sécurité sur la route.

Parmi les équipements qui font vraiment la différence au quotidien, le rétroviseur clignotant Qlïr de Visaia Bike en est un bon exemple. Conçu pour signaler clairement les changements de direction sans lâcher le guidon, il réduit concrètement les risques en ville. Fabriqué en France, robuste et rechargeable, c’est exactement le type d’équipement qu’un employeur peut proposer à ses salariés pour les encourager à rouler en toute confiance.

Des vestiaires et douches : le détail qui change tout

Venir au travail à vélo, ça peut vouloir dire arriver en sueur, surtout en été ou après un trajet de 10 kilomètres. L’absence de vestiaires et de douches est souvent un blocage rédhibitoire, particulièrement pour les cadres ou les salariés en contact avec des clients.

Les entreprises qui franchissent le pas et aménagent des douches et casiers constatent en général une augmentation rapide du nombre de cyclistes parmi leurs salariés. Pour les petites structures qui ne peuvent pas se permettre cet investissement, certaines solutions existent : partenariats avec des salles de sport proches du bureau, ou accès négocié à des douches dans un immeuble partagé.

Des actions de sensibilisation et de formation

Mettre des infrastructures en place c’est bien, accompagner les salariés c’est encore mieux. Certaines entreprises organisent des journées vélo, des ateliers de mécanique de base ou des sessions de sensibilisation à la sécurité routière à vélo en ville.

Le programme national Employeur Pro-Vélo, porté par la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette), propose un label aux entreprises qui s’engagent dans cette démarche. Obtenir ce label, c’est à la fois une reconnaissance officielle et un argument RH concret pour attirer des profils sensibles aux questions environnementales.

Ce que vous pouvez demander à votre employeur dès maintenant

Si votre entreprise n’a pas encore mis en place ces dispositifs, voici ce que vous pouvez concrètement demander :

  • La mise en place du forfait mobilités durables si ce n’est pas encore le cas
  • Un emplacement sécurisé pour garer votre vélo
  • Une participation à l’achat d’équipements de sécurité
  • L’accès à des douches ou vestiaires

Ces demandes s’appuient sur un cadre légal solide et sur des avantages fiscaux réels pour l’employeur. Elles ont donc toutes les chances d’être bien reçues, surtout si vous les formulez en mettant en avant les bénéfices pour l’entreprise : image, santé des salariés, réduction de l’absentéisme, engagement RSE.

Rouler au travail, ça se prépare

Encourager le vélo en entreprise ne se limite pas à verser un forfait. C’est une démarche globale qui touche les infrastructures, les équipements, la culture d’entreprise et la sécurité des salariés sur la route. Les outils existent, le cadre légal est favorable, et les bénéfices sont mesurables.

Il ne manque souvent qu’une chose : que quelqu’un prenne l’initiative de poser la question. Ce quelqu’un, c’est peut-être vous.